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retour aux articles 5 et 6 du contrat Niepce Daguerre

 

Définition: article: c'est le nom que l'on donne aux clauses et conditions d'un contrat. (Répertoire de la jurisprudence du notariat 1827)

 

©Bases du traité provisoire.

Article 3 et Article 4 du traité entre Niépce et Daguerre.

Le principe physico-chimique de l'invention.

par Jacques Roquencourt

 

 

Sommaire: Nous précisons la base du contrat entre Niépce et Daguerre, le rappel des articles limitant l'application de ce contrat. Nous insistons sur le principe physico-chimique de l'invention de l'Héliographie et apportons des précisions sur la dénomination des différents procédés. Nous démontrons aussi que le procédé utilisant le résidu de l'essence de lavande n'est pas le Physautotype, mais le Physiotipe.

 

"dans l'espoir que je ne réclamerai pas en vain l'utile appui de tant de personnes plus capables que moi d'en assurer la réussite ..Niépce"

"liés par un traité d'après lequel il ne sera donné de publicité à ma découverte que lorsqu'elle aura atteint un degré de perfection jugé nécessaire, ce travail va se trouver spécialement à la charge de mon associé..(Mr Daguerre)...."

Niépce à de Curley : 18 février 1830.

"En 1829 M Daguerre s'est associé avec Mr Niépce pour le perfectionnement du procédé de Mr Niépce" Daguerre 1839.

 

Cette découverte consiste dans la reproduction spontanée des images reçues dans la chambre noire.  

Art 3 ......Monsieur Niépce devra confier à Mr Daguerre .....le principe sur lequel repose sa découverte.....

Art 4 .......Mr Daguerre s'engage .....à garder le plus grand secret, tant sur le principe fondamental de la découverte....

et à coopérer autant qu'il lui sera possible aux améliorations jugées nécessaires....

Notice.

La découverte que j'ai faite et que je désigne sous le nom d'héliographie, consiste à reproduire spontanément par l'action de la lumière, avec les dégradations de teintes du noir au blanc les images reçues dans la chambre obscure.

Principe fondamental de la découverte.

La lumière, dans son état de composition et de décomposition, agit chimiquement sur les corps. Elle est absorbée, elle se combine avec eux et leur communique de nouvelles propriétés. Ainsi, elle augmente la consistance naturelle de quelques uns de ces corps; elle les solidifie même, et les rend plus ou moins insolubles, suivant la durée ou l'intensité de son action. Tel est en peu de mots, le principe de la découverte.

Ce texte suivant, très important, publié dans le début des années 1820, démontre que le principe physico-chimique du procédé de Niépce1, était connu des chimistes.

"Remarques sur la solubilité des résines et des vernis dans l'alcohol ou autres dissolvants.

Il est facile de se convaincre, par une suite d'essais très simples, que ces substances sont composées de molécules dont les propriétés chimiques varient quant à leur degré de solubilité. On doit les considérer comme un composé de parties dont les unes sont très solubles à une faible température dans l'alcohol et même par le simple contact avec ce liquide, et dont les autres un peu moins solubles demandent l'application d'une certaine chaleur ; d'autres enfin sur lesquelles l'impression de l'air, du soleil, et même de la chaleur des infusions, a opéré une modification qui se fait apercevoir par la résistance qu'elles présentent à l'action du liquide spiritueux. Cependant ces trois parties constituent dans la résine un tout homogène.

Il n'y a que le procédé de dissolution qui puisse les montrer dans leurs vrais attributs. Mais quelle que soit la quantité du liquide qu'on ajoute au résidu résineux dans le but d'arriver à une dissolution complète, elle ne s'opérera pas.

Ainsi, lorsqu'on mêle à l'alcohol une dose trop forte de matière, il s'empare d'abord des parties les plus solubles, et il a peu de prises sur celles qui le sont moins. Les parties sèches de la résine échappent à l'action du liquide si l'on n'emploie qu'une chaleur modérée. Dans ce cas, le vernis est faiblement coloré, mais s'il gagne en élasticité , il perd de la consistance et de la solidité. C'est un avantage de réunir les trois caractères à la fois. On y parvient par des doses limitées et en opérant avec plus de soins et de lenteur. "

Ce principe physico-chimique était la base du contrat entre Niépce et Daguerre1

Il dirigera continuellement les recherches de Niépce et de Daguerre.

Nous avons déjà écrit de nombreuses fois, que le procédé du résidu de l'essence de lavande n'est pas le physautotype !

Le vernis photo-sensible du physautotype est constitué d'un composé de résidu d'huile de pétrole et du résidu d'essence de lavande. Ce dernier résidu avait été découvert par Daguerre. Dans ce composé, la partie photo-sensible est le résidu d'huile de pétrole. Le pétrole est classé dans la famille des bitumes2. Le vernis composé d'un dosage différent de ces deux résidus n'étant pas coloré, donnera une image sans coloration: c'est ce que voulait Daguerre.3

Après exposition à la lumière, l'image était obtenue avec les actions successives de vapeur d'éther sulfurique et de dissolvant liquide, méthode mise au point par le directeur du diorama.

Daguerre découvrira la sensibilité à la lumière du résidu de l'essence de lavande.

Nos deux chercheurs en étaient là, au décès de Niépce.

Par la suite, Daguerre fera apparaître l'image avec les vapeurs de pétrole.

Cela constituera les apports de Daguerre au procédé de Niépce.5

Jean-Louis Marignier prétexte un manque de mémoire de la part de Daguerre pour l'appellation du procédé au résidu de l'essence de lavande, lui permettant ainsi d'attribuer l'invention de ce procédé aussi à Niépce. Daguerre, après le décès de Niépce, mentionnera comme nom le physiotipe et non le physautotype.

Daguerre écrit à Isidore:

"Physiotipe ou Empreinte naturelle".

formé de: Phusis = nature; Typos = empreinte.

ce qui montre bien que Daguerre se souvenait du code.

L'argument de Jean Louis Marignier n'est pas recevable. Cet argument est fallacieux et spolie Daguerre 6, car la lecture de la correspondance montre à l'évidence, que Daguerre ne fait pas d'erreur et se souvient bien du code forgé par Nicéphore Niépce. Ce procédé appartient uniquement à Daguerre et pour s'en convaincre, il suffira de lire les commentaires d'Isidore Niépce à ce sujet, dans son pamphlet contre son "Cher associé"4

voir aussi la loi du_7_août_1839.

en résumé:

Les noms des procédés successifs sont en relation directe avec le produit photosensible employé:

héliographie = bitume de judée = bitume = principe physico-chimique du contrat entre Niépce et Daguerre: inventé par Niépce.

physautotype = résidu d'huile de pétrole = résidu de bitume = principe physico-chimique du contrat entre Niépce et Daguerre: inventé par Niépce et Daguerre.

physiotipe = résidu d'essence de lavande = résidu résineux = principe physico-chimique du contrat entre Niépce et Daguerre: inventé par Daguerre.

daguerréotype = iodure d'argent = sel d'argent = principe physico-chimique différent de celui du contrat entre Niépce et Daguerre: inventé par Daguerre.

 

Comme nous l'avons déjà écrit 2, la sensibilité du vernis et la visibilité de l'image dépendront uniquement des composants constituant le vernis.

La plaque insolée est trempée dans un dissolvant liquide, l'image est dépouillée, le résidu non exposé à la lumière est dissout.

Dans le cas de l'exposition aux vapeurs d'huile de pétrole , l'image n'est plus dépouillée mais révélée, puisque dans ce cas le changement moléculaire (chaînage des atomes de carbone) du résidu plus ou moins exposé sera mis en évidence par les vapeurs d'huile de pétrole. La phénoménologie est identique dans le daguerréotype: les vapeurs de mercure font aussi apparaître l'image en fonction de l'insolation de l'iodure d'argent.

Notes

1 -Depuis le pamphlet d'Isidore et la polémique savamment entretenue par la famille4, force est de constater que l'on ne sait pas lire un contrat !

-Nous l'avions déjà indiqué dans les annales de la "Société L J M Daguerre" édité en 1989.

-Voir aussi notre contestation sur les différentes méthodes utilisées pour travestir la vérité.

2 -Daguerre et l'optique : J Roquencourt: Études Photographiques: n°5 1998, notes 3 et 20 (Société Française de Photographie).

3 - Voir la remarque de Daguerre dans son opuscule sur la couleur du procédé de Niépce page 39 de l'édition Giroux

4 - Peut-être que pour Jean-Louis Marignier, Isidore ne se souvient plus non plus !.

Ce pamphlet a été réédité hors commerce et tiré à 1000 exemplaires en 1972 par la société OFMI-GARAMONT*, avec la participation d'André Jammes et de Janine Niépce. On y trouve les photographies du premier diaphragme à iris, naturellement attribué à Niépce, la chambre à soufflet qui n'est autre que le soufflet du Pyréolophore ainsi que la table servie qui n'est pas de Nicéphore (Nous reviendrons sur ce sujet).

Jean Dereck , en guise d'avertissement , reconnaît que "le texte souffre peut-être d'un contenu et d'un ton plus polémique qu'historique.sans doute, (écrit-il) mais il nous a paru d'un intérêt certain de rappeler la précarité des moyens et les embûches de toutes sortes qui ont été le lot de Niépce et, par là-même , de préciser les rôles respectifs,et d'ailleurs respectés de l'inventeur .......Si ce petit ouvrage contribue quelque peu à la connaissance et à la gloire d'une des plus primordiales inventions françaises, notre but sera atteint."

En introduction, Jean Dereck cite Victor Hugo:"Aimer , c'est la moitié de croire" et termine en précisant que c'est en hommage à Niépce que ce texte a été réédité.

Jean Dereck est décédé , nous aurions souhaité lui expliquer comment sa sincérité a été abusée.

* La Société Ofmi-Garamont a changé de nom et de raison sociale en devenant la Société Heidelberg France depuis le 31 mars 1998.

5- Voir le résumé écrit par Daguerre sur les "Modifications apportées au procédé de Niépce par Daguerre" de son opuscule dans l'édition de Giroux, par exemple.

6- Ce chercheur a écrit de nombreux articles en propageant cette fausse information

Nous dénonçons cette imposture !

-Nous ferons remarquer que les travaux de ce dernier, présentés comme nouveaux, avaient déjà été effectués par Niépce de St Victor.

Arago en présentant l'historique des inventions des procédés de Niépce et de Daguerre, indique que l'utilisation du résidu de l'essence de lavande comme élément photosensible et des vapeurs de pétrole pour faire apparaïtre l'image, sont uniquement du fait de Daguerre.

On pourrait s'étonner qu'aucun historien n'ait relevé la contradiction entre les affirmations de JL Marignier et toutes les sources*.

* sauf Derek Wood.

commentaire d'Arago page 16 de l'opuscule de Daguerre, édition de Giroux.

 

Lire aussi cette copie du compte-rendu de l'Académie des Sciences.

Nous publions ci-dessous le texte des modifications apportées uniquement par Daguerre au procédé de Niépce et que Jean-Louis Marignier a l'imprudence d'appeler Physautotype, lui permettant ainsi, d'attribuer ces améliorations aux deux inventeurs.

Ces méthodes sont inadmissibles et desservent la mémoire de Niépce!

voir aussi l'ouvrage dit de "référence": LE_VOCABULAIRE_TECHNIQUE_DE LA PHOTOGRAPHIE.

texte écrit en Juillet 1998.

et mis en ligne le 28 novembre 2007.

références :

- premières remarques dans les annales de la Société L J M Daguerre 1989.

-** article de J B BIOT dans le Journal des Savants en mars et avril 1839.

-Daguerre et l'optique : J Roquencourt.

Études Photographiques: n°5 1998 (Société Française de Photographie).

-Note sur le portrait de M Huet : J Roquencourt, A Gunthert.

Études Photographiques: n°6 1999 (Société Française de Photographie).

- L'invention de la photographie: une tragédie (à paraître)

 

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